La fin de l’allaitement 

L'allaitement

Ce moment d’intimité et de tendresse.

Sa petite main qui tour à tour presse ou caresse mon sein.

Cette sérénité qui nous envahit tous les deux, comme si, parce que nous sommes seuls au monde.

Cette belle excuse pour s’isoler d’ailleurs, loin des verres de bulles qui s’entrechoquent, des rires ou des cris de l’aînée, des questions, des commentaires,… des conversations.

La simplicité et le naturel, acquis au prix de moments si douloureux mais si vite oubliés.

L’évidence.

Ces moments de communion où je le regarde, on ne peut plus proche de moi, le caresse, le respire. Ceux aussi où je me surprends à prendre un livre ou mon smartphone pendant qu’il tète, régulièrement et calmement. Ceux où je m’endors, exténuée mais détendue, à ses côtés.

L'allaitement

L’allaitement.

Après 4 mois, sa fin se profile tout doucement pour Ruben et moi, avec la reprise du travail et quelque part aussi l’envie de passer à autre chose.

Car comprenez-moi bien, je n’ai aucun parti pris dans ce grand débat entre le sein et le biberon et franchement si j’ai choisi l’allaitement c’était au départ sans trop y réfléchir.
Et s’il y a bien une décision de maman sur laquelle personne n’a à prendre position, selon moi, c’est bien celle-là.
Allaiter, même quand tout se passe bien, c’est difficile, douloureux, stressant, épuisant les premières semaines. Accaparant et toujours fatigant celles qui suivent.
Ca, on ne vous le dit pas. En tout cas, pas le clan des fanatiques (mais où sont les autres?), pas les infirmières.
Et quand à 4 mois vous êtes toujours en train de le nourrir toutes les deux heures (nuits comprises) alors que vos copines qui sont passées au biberon peuvent aller se faire un ciné pendant que papa gère le bébé, quand vous avez envie de souffler mais que vous êtes la seule à pouvoir l’apaiser… vous vous dites quand même que l’argument “toujours prêt et à bonne température”, genre “facilitez-vous la vie”, est quand même franchement réducteur.

Personnellement, je suis une adepte de l’allaitement mixte qui, tout en me permettant de conserver ces instants si précieux et fusionnels avec bébé, me rend un peu de ma liberté (et des seins moins surdimensionnés).
Mais voilà, l’inconvénient majeur est qu’inévitablement, la production de lait se réduisant graduellement, introduire le biberon c’est mettre fin avec sursis à l’allaitement.
Une décision pas facile à prendre, surtout quand il se passe paisiblement et qu’à la fois vous et votre bébé vous sentez bien.
Souvent en plus, ce “choix” s’impose par la perspective de reprendre le travail, ce dernier s’immisçant ainsi dans votre esprit tout au pouponnage avec quelques semaines d’avance – car on n’arrête pas d’allaiter du jour au lendemain (là les difficultés des premières semaines se rappellent à votre souvenir).

Moi j’espère donc que cette période, qui correspond quelque part à une transition plus fondamentale encore, de mon rôle exclusif de maman à un moi plus entier, même si plus fragmenté que celui d’avant, soit la plus longue possible.

Que quelques semaines encore je puisse lui offrir ce câlin si spécial qui me rappelle, quel qu’ait été le reste de la journée, que je suis maman, sa maman, et que c’est ce qu’il y a de plus important.

Ruben, moi et le fichu tablier d'allaitement

5 Comments Add yours

  1. Edith Appelmans says:

    Tu verras, cela peux continuer le matin (et le soir au début) même quand tu recommences à travailler, pendant plusieurs semaines, voir mois. Du moins, c’est mon expérience. J’ai beaucoup aimé cela, bébés aussi.

    Liked by 1 person

    1. C’est vrai! Ca a fonctionné jusqu’à présent, c’était super. Bisous !

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  2. belleginette says:

    Très bel article ! je ressens exactement la même chose que toi, j’adore allaiter, je suis fière de m’être accrochée même si le biberon aurait été bien aussi et de temps en temps, pour avoir un moment rien qu à moi, je donne un biberon de lait en poudre. Encore quelques semaines devant nous mais j’essayerai l’allaitement matin/soir. Avec beaucoup d’eau, du fenouil (frais, cuit ou en complément – galactogil) mais sans oublier le principal : la tendresse et l’intimité. Gros bisous

    Liked by 1 person

    1. Merci ! Cela fait juste un mois que j’ai écrit ce billet et je continue à lui donner le sein matin et soir. Clairement ça ne suffit plus, mais je sens que nous y tenons encore tous les deux : lui surtout le soir… et moi ça me sauve parfois la nuit ou quand il est grincheux. J’espère que ça fonctionnera aussi longtemps pour toi!! Bises

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