Bref, j’ai “fait” le carnaval de Binche en mode maman

Retour du carnaval de Binche
Les trouvailles du lendemain… portefeuille vide, bouchon de champagne, coupe, galettes au beurre “pour la petite”, rouge à lèvres flashy, pampers et lingettes, un gant, bonnet et cagoule, élastiques improbables, matériel de grimage. Ah et 153 confettis.

Dans mon Hainaut natal, comme dans le reste de la Wallonie d’ailleurs, on aime la fête, et presque encore plus le folklore : des costumes, de la danse et de la bière… savant mélange garant d’amusement pour la journée entière (si ce n’est le WE).
Nous veillons donc à l’entretien, au respect et… à la multiplication des traditions.
Mon flamand de mari s’amuse d’ailleurs à raconter qu’il n’a jamais mis les pieds dans “mon coin” sans croiser une barrière Nadar portant le panneau “déviation fête locale”.

déviation fêteLocale

Et de toutes ces fêtes traditionnelles, le carnaval de Binche est le plus populaire (n’en déplaise aux Thudiniennes – qui se reconnaîtront).

On ne peut expliquer à une personne n’ayant été baignée dans ce type de traditions (lisez, à un Flamand ou à un Bruxellois) l’excitation causée par le premier battement de tambour perçu en claquant la porte de la voiture qu’on a garée en infraction à 3 mètres du poste de police, le plaisir de battre frénétiquement le pavé en fredonnant inlassablement les mêmes airs sans les paroles, la patience incommensurable qui nous envahit lorsqu’il s’agit de faire la file pendant 20 minutes pour nous rendre aux toilettes, la résurrection de notre emballement pour les chansons des années 70 à 90 que l’on n’entend plus qu’en tombant par hasard sur Nostalgie et qui nous font habituellement changer de canal dans un frisson d’horreur, la fierté d’être salué par un personnage costumé qu’on évite d’ordinaire au Colruyt (même sans déguisement), les cidres Ruwet que l’on buvait orgueilleusement à la bouteille dès nos 13 16 ans… bref, je ne vais pas me perdre dans l’éternel débat de l’intérêt de telles réjouissances, il n’y en a pas, vous les avez dans le sang ou pas.

Toujours est-il que cette année, Emma avait presque 2 ans et je transposais déjà mentalement sur elle depuis des mois les polaroids me faisant apparaître dans les rues de Binche portant une robe de princesse aussi adorable que j’ai toujours été peu gracieuse… certes, ma fille sera élevée à Bruxelles, mais elle ne fera pas le carnaval de Woluwé-Saint-Lambert (y en a-t-il seulement un?).

Mais “faire carnaval” (comme on dit) avec un enfant, et donc sans exagération… ça n’est pas vraiment la même chose – pour faire bref, pas de danse sur les tables en se déhanchant sur “Rrrrra…rrrra… Alexandrie, Alexandra” ou “Le jerk” dont on écorche systématiquement les paroles des couplets, enfin vous visualisez.

Par contre il faut reconnaître que ça a certains avantages :

1. Etant donné qu’on n’est là que pour quelques heures, on commande sans complexes du champagne au lieu d’un tango ;

2. Tout qui vous connait vous parle de votre enfant et de son magnifique déguisement DIY – que franchement personne n’aurait cru qu’un jour vous vous mettriez au bricolage (là vous vous demandez si c’est un compliment ou si vous êtes vraiment devenue naze mais vu que l’intéressé vous offre un verre, vous balayez ces sombres pensées d’un revers de confettis) et ça vous fait un sujet de conversation ;

3. Cette année vous allez être incollable sur les déguisements adoptés par les différentes sociétés (d’habitude vous avez honte de reconnaître n’en avoir repéré que 2 ou 3 – en faisant la file pour entrer dans le même café) ;

4. Vous pouvez acheter perruque rose, lunettes à paillettes  et autres accessoires kitsch, tout le monde croit que c’est “pour la petite” ;

5. Vous redécouvrez l’allégresse des batailles de confettis ;

6. Vous avez une excuse pour prendre congé abruptement des gens au moment précis où ils ne vous intéressent plus ;

7. Vous rentrez avec vos manteau, sac, lunettes, bref vous n’avez RIEN perdu ;

8. Les besoins naturels de votre enfant interrompent de manière salutaire les divertissements et vous rappellent de manger un morceau ;

9. Vous êtes en forme devant votre laptop le lendemain matin (enfin ça c’est pour les gens qui comme moi ne peuvent pas se permettre de prendre une journée de congé de janvier à mai).

Bref, vous l’avez compris, l’année prochaine papa baby-sittera.

PS : si une escapade au carnaval de Binche avec les enfants vous intéresse, je vous conseille de vous y rendre le dimanche matin (s’il fait beau) ou le lundi, c’est le jour des enfants. Le mardi gras, oubliez, il y a trop de monde.

2 Comments Add yours

  1. Sympa on a fait le carnal nous aussi mais c’était un peu avec les moyens du bord cette année

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  2. mespetitso says:

    J’adore le détail de rentrer sans rien avoir perdu ^^, excellent ! Je pensais aller à celui de Villers-la-Ville qui est dans ma région, des microbes des petits ont changé le programme, j’avoue Binche me faisait un peu peur, merci pour tes conseils, je note pour le lundi !

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